Testimonials

J’ai été agréablement surpris par la rapidité de prise en charge après que la Chambre des métiers m’ait parlé de ce nouveau dispositif : une psychologue m’a proposé un rendez-vous dans les jours suivants.

Être contacté aussi vite par une personne que je ne connaissais pas et qui m’a écouté fut un grand soulagement. Il est difficile de trouver les mots pour qualifier le mieux-être que cela m’a apporté, mais derrière tout cela, j’ai compris qu’enfin, je n’étais plus seul

Me sentant en confiance et sorti de l’isolement, il ne m’a pas été difficile d’exposer à la psychologue dès mon premier rendez-vous mes difficultés et les idées noires qui ont traversé mon esprit. Cette professionnelle m’a bien expliqué les sujets sur lesquels nous allions travailler. J’en suis sorti très apaisé et plus confiant que jamais puisqu’elle m’a dit que j’allais me reconstruire et rebondir.

Désormais, j’ai bien mieux conscience de ce qu’il m’arrive et, surtout, je n’ai plus à en avoir honte. Je vais reconquérir l’espace professionnel qui est le mien, reprendre ma place. Le métier de plombier est pour moi l’un des plus beaux métiers du monde et je vais prouver à certaines personnes qui m’ont causé des problèmes que je suis toujours là.

Je ne vous remercierai jamais assez. Je n’aurais pas fait moi-même la démarche de m’adresser à un psychologue, alors que j’en avais tellement besoin

Denis LIEUTAUDArtisan plombier bénéficiaire dispositif APESA Provence

Quel président de juridiction commerciale, quel juge des procédures collectives ne s’est pas posé un jour la question :
Que va faire cet homme ou cette femme qui vient d’entendre prononcer la mise en RJ ou en LJ de son entreprise?
Certes la décision prise était la seule possible, certes il (ou elle) a confirmé sa demande mais devant toute cette souffrance humaine qui vient de s’exprimer
que pouvons nous faire? Le grand vide s’est installé, les pleurs ou les phrases inquiétantes laissent planer un grand malaise et moi qui préside je ne sais que faire…

C’est pour avoir vécu cet état et ressenti le malaise d’autres juges de notre Tribunal que nous avons rejoint le dispositif APESA.

Pouvoir dire à un débiteur : voilà nous avons mis en place les moins mauvaises solutions pour votre entreprise mais maintenant prenons quelques minutes pour parler de vous.
Nous pouvons, si vous en êtes d’accord, vous faire aider.
Croyez moi ces simples phrases changent TOUT.
Une petite détente peut s’installer, un autre dialogue s’ouvrir et on ne quitte plus le Tribunal en se disant : cette personne peut mettre fin à ses jours et je n’ai rien à lui proposer!
C’est très simple, c’est assez bref en général mais cette main tendue peut redonner un sens de Vie à l’autre et bien certainement contribue à en donner un autre à la nôtre…

On peut toujours trouver toutes les bonnes raisons de ne pas faire.
On peut aussi considérer que tendre une main est essentiel.
Sans bruit, sans jugement, simplement en n’acceptant pas le nombre de suicides de chefs d’entreprises dans notre pays comme une fatalité.

Serge FaguierPresident of the Commercial Court Laval

Consulter le témoignage en ouvrant le PDF suivant : Bulletin_49_IFPPC_05_2016 page 12

Master Delphine RaymondAgriculteurs en difficulté : témoignage d’une mandataire judiciaire

Dans le cadre de la mise en place du plan de prévention du suicide des chefs d’entreprise, il m’est apparu intéressant de livrer, en quelques lignes, mes impressions et mon ressenti sur ma pratique professionnelle face à ce sujet d’actualité.

Convaincue depuis toujours de l’aspect primordial de l’humain de la profession de mandataire judiciaire, que j’exerce depuis un peu plus de cinq ans maintenant, j’avais été particulièrement intéressée par la rencontre de sensibilisation qui avait été organisée il y a quelques mois autour de l’équipe de Monsieur DOUILLARD, psychologue clinicien, coordinateur du programme régional de santé chargé de la promotion de la santé mentale et de la prévention du suicide.

Nous sommes effectivement trop souvent confrontés, dans nos professions, à la détresse des chefs d’entreprise qui se sentent seuls face à leurs angoisses et face à un certain sentiment de culpabilité inévitable, qui peut les conduire parfois à l’irréparable.

Nous ne pouvons apporter une réponse adaptée qu’en privilégiant l’écoute et le dialogue et en consacrant plus de temps aux personnes que l’on détecte comme « fragiles », sans pour autant avoir été formés pour gérer ces situations délicates.

Les conseils avisés d’un professionnel et l’approche différente que Monsieur DOUILLARD et son équipe ont pu nous apporter, tant à nous, professionnels, qu’à nos collaborateurs qui sont également « en première ligne », ont été autant de pistes et de clés qui nous sont utiles dans notre pratique quotidienne.

Comprendre le mécanisme de la crise suicidaire, en connaître les signes précurseurs et apprendre surtout à poser les bonnes et les vraies questions, sans avoir peur de blesser ou d’aller trop loin, sont les points essentiels que j’ai retenus des diverses interventions.

L’analyse des facteurs de risques et des facteurs dits « de protection » permet aussi d’évaluer et de gérer nos inquiétudes et de « passer le relais » à des professionnels quand cela s’avère nécessaire.

J’ajoute que, pour ma part, j’ai déjà fait appel à l’équipe de Monsieur DOUILLARD pour deux personnes qui ont pu bénéficier chacune d’une prise en charge adaptée et je dois dire que c’est un grand soulagement pour nous, qui ne sommes plus isolés face à ces problématiques qui ne sont malheureusement pas un cas d’école.

Entourés, nous nous sentons mieux armés !

Master ROUSSELOT-GEGOUEMandataire Judiciaire

APESA is a typical ’Therapeutic Jurisprudence’ issue, but also a ‘Procedural Justice’ issue. I think that APESA unveils a very important question. The principles of APESA are also connected to the concept of Sustainable Justice as Sustainable Justice is an overarching concept covering the movements of Procedural Justice, Therapeutic Jurisprudence, Non-Adversarial Justice, Problem Solving Courts, Judicial Mediation, Intercultural Justice, Restorative Justice, and all movements in legal practice and theory that aim to improve inter-humane relationships, the quality of social networks, and the general quality of life.”

M. Xavier de Savornin LohmanFounder of the center for sustainable justice

As liberal psychologist, I am regularly required to receive persons in difficulty and some of them among people with suicidal risks.
Nevertheless, we are, my brothers and my sisters conscious (s) that the approach is to make an appointment with a (an) initiative psychologist remains a far from simple to do and unfortunately many people stay away from our offices.
When it was offered to integrate the device APESA 50 (Manche), we were nombreu (its) x present to answer (20 psychologists). We saw the opportunity to make it simpler access to our dishes, to remove misconceptions related counseling (madness, illness …) and especially to be part of a network at the service of Chief company acute suffering.
To ensure proper operation of the device, we have formed (s) to collective proceedings by attending several hearings in the commercial courts of our department, we also develop our practices, bypassing our professional habit that is to wait until the handshake is done by the prospective patient. Today, it is we who, on the basis of a written warning card and sent by the sentries, will contact the entrepreneur. The experiment is doing, it is clear that business leaders are thereby relieved, admit that they have for many, not take the initiative and say, for the majority, satisfied that this device exists .
Indeed, at first contact, we are very often faced with business leaders shot (s), depleted (s), guilty of not having found alternatives to bankruptcy proceedings, Soucieu ( its) x of the future, the image that they will give. In other words, these people are arrested as (s) in their lives.
The whole challenge of our dishes is to allow these women, these men can find a space (the psychologist’s office) where primarily they-they become a whole person.
Through different methods of network APESA 50 psychologists (analytical psychology, gestalt therapy, neurolinguistic programming, transactional analysis …) and in the words of the different (e) s business leaders have accompanied these last (s) can finally ask their suitcase in a neutral place, where benevolent (on) a therapist is there to listen, without judgment, to help better manage emotions, to accompany him to allow him to get through this chaotic period and equipping of tools allowing it to regain its autonomy of action.
After nearly two years of existence, 50 APESA allowed more than 30 business leaders to be accompanied by a (an) network psychologist. The decline and monitoring of these accompaniments allow us to be assured (s) of the merits of this approach and its need to develop and generalize.

Angélique BRUANTOccupational psychologist & Co-Manager of Alter nativ'CO

Il y a environ 9 ans, lorsque je suis arrivée au greffe, au service des procédures collectives, je ne m’attendais pas à accueillir des personnes en grandes difficultés non seulement financières mais surtout psychologiques.
Mes collègues ainsi que mes greffiers m’avaient appris au fil du temps, à gérer ces situations mais en rentrant à la maison, c’était l’effondrement : tout le « mal-être » des gens avait envahi, malgré tout, ma tête et mon cœur.

C’est arrivé plusieurs fois où j’avais une boule au ventre car j’avais peur pour un/une débiteur(trice), LE sentiment que la personne risquait de mettre fin à ses jours pour ne plus souffrir. J’avais ce sentiment d’impuissance, du fait que la personne en face de moi me parlait, « vidait son sac », alors que moi, je ne suis qu’une employée de greffe. Je me disais : « Et si la personne passait à l’acte, ça sera également de ma faute, car je n’ai pas su écouter, conseiller, etc. ». Et je pensais souvent : « mais que peut-on faire pour soulager ces gens en souffrance psychologique, comment leur rouvrir les yeux sur la vie ? ». Je ne suis pas psychologue, et personnellement, j’en ai pas la carrure, alors, que faire ?

Et puis un jour, Maître BINNIE nous parle d’un projet : celui de mettre en contact les débiteurs en grandes détresses psychologiques vers des médecins spécialisés (psychologues, psychiatres…).

Mon sentiment du moment (et encore aujourd’hui) : SOU-LA-GE-MENT !

En effet, je peux me concentrer plus sur mon accueil/téléphonique sans appréhension car je sais qu’il existe une carte JOKER : la fiche alerte APESA !

Nous avons eu des formations avec les professionnels ce qui nous a permis de « reconnaître » les personnes en difficultés psychologiques, et ainsi de pouvoir prendre du recul dans certaines situations.

Depuis que nous avons ce « JOKER », et nous l’avons enclenché à plusieurs reprises, je suis plus sereine pour accueillir les gens, et c’est plus simple pour expliquer le déroulement des procédures… Je sais qu’on ne peut pas sauver tout le monde, mais si on peut y contribuer en les aidant déjà moralement…

Les débiteurs en grandes difficultés psychologiques sont surpris de l’existence de ce dispositif, ils ne se sentent plus seuls au monde, peuvent ENFIN parler à quelqu’un extérieur à la vie familiale et amicale, autre que le médecin de famille, c’est pour eux une écoute « vierge » mais qui connaît le problème rencontré par les chefs d’entreprises. Ils n’ont plus ce sentiment d’être « les oubliés » de la société française.

Je suis contente et fière de l’existence de ce dispositif.

Astrid LABYService Procédures Collectives - Greffe du Tribunal de Commerce de Saintes